Faire un mode opératoire


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Transcription de la vidéo
Aujourd’hui nous allons découvrir comment réaliser un mode opératoire pour un chantier de BTP à l’aide du logiciel AutoCAD.

Tout d’abord, faisons le point sur ce qu’est un mode opératoire.

Tout entrepreneur du BTP doit assurer la santé et la sécurité de ses salariés dans les tâches qu’il leurs confie. C’est une obligation légale et réglementaire.

Dans le BTP, un intervenant veille à ce que chaque entreprise réponde à cette obligation : il s’agit du coordonnateur SPS.

Cette personne va recueillir un document précieux auprès de chaque entreprise réalisant des travaux sur le chantier : le PPSPS (Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé).

Le PPSPS doit lister tous les risques décelés sur l’opération : chutes de hauteur, exposition à des substances toxiques, électrisation, etc. En face de chaque risque, l’entrepreneur énonce les mesures de protection qu’il s’engage à mettre en place pour protéger ses salariés.

Le mode opératoire fait partie des solutions que l’entrepreneur s’engage à appliquer pour préserver ses salariés.

Vous l’aurez compris, ce document revêt une importance toute particulière, d’où l’importance de le soigner !

Voyons maintenance comment se compose un mode opératoire.

Généralement, il s’agit d’une cinématique décomposée en plusieurs phases intermédiaires. Le tout est souvent répartit sur un document de plusieurs pages.

Pour chaque phase, nous commencerons donc par dessiner l’état de l’ouvrage à construire, dans l’état d’avancement qui correspond à la phase.

Prenons l’exemple de la réalisation d’un voile de façade.

Nous arrivons sur une dalle finie, équipée de la sécurité collective en rive.

Première étape : positionner une PTE (une plateforme de travail en encorbellement).

L’ouvrier chargé de cette opération devra travailler depuis la dalle. Il guidera la grue pour déposer la passerelle sur ses attaches, préalablement installées. A ce stade, un risque majeur est la chute de hauteur. Il est donc essentiel que l’ouvrier ne retire pas la sécurité en rive de dalle tant que la passerelle n’est pas en place. Attirons donc l’attention sur ce point.

Deuxième étape : positionner la première banche

Dans cet exemple, la première peau coffrante sera positionnée sur la dalle. Une banche seule doit être stabilisée : nous devons indiquer la présence d’un lest et d’un étai stabilisateur.

Troisième étape : ferrailler le mur

Pour ferrailler ce mur, l’ouvrier devra bénéficier d’un accès sécurisé à la partie supérieur de la banche. Pour cela, deux précautions sont à prendre :

  • relever les garde-corps avant de la banche,
  • travailler depuis une plateforme individuelle roulante, posée sur la passerelle.

Quatrième étape : positionner la seconde peau coffrante

Lors de cette étape, l’ouvrier devra guider la grue. Le plus sûr est de travailler en haut de la première banche, en sécurité derrière les gardes-corps, afin d’être bien visible du grutier et de pouvoir décrocher les élingues. Il faudra ensuite placer les tiges traversantes pour reprendre la poussée du béton et stabiliser l’ensemble.

Cinquième étape : bétonner le voile

Lors de cette dernière étape, le coulage se fera à la benne à béton. L’ouvrier travaille à nouveau depuis le haut des banches.

Une dernière étape peut également décrire la phase de décoffrage du voile, où il faudra notamment veiller au retrait préalable des tiges traversantes, des étais stabilisateurs par exemple.

Et voilà. En ajoutant un cartouche et une mise en page soignée, vous venez d’établir un mode opératoire basique en plusieurs phases.

Ce bref exemple n’est bien sûr pas aussi complet qu’il pourrait l’être, mais la difficulté principale de l’exercice est justement de trouver le bon niveau de détail.

Car en ne donnant pas assez de détails, on pourra reprocher à l’entrepreneur de ne pas avoir assez clairement expliqué le travail aux compagnons.

Mais en donnant trop de détails, comme la marque ou le modèle d’un matériel, la dimension exacte d’une poutre par exemple, l’entrepreneur risque de s’engager sur des choix et des informations qu’il ne maitrise pas forcément dès le début du chantier.

Car il n’est pas rare de voir des chantiers démarrer sans même que les plans d’exécution ne soient terminés. C’est même souvent le cas. Et pourtant, l’entrepreneur doit établir TOUS ses modes opératoires lors de la phase de préparation de chantier, afin de les annexer au PPSPS qu’il doit envoyer AVANT de début de ses travaux.

Pour conclure, notez tout de même que, dans cet exemple, nous avons parlé de la réalisation d’un voile de façade. Il s’agit d’une tâche très basique, normalement bien maitrisée par les compagnons. Alors bien que ce mode opératoire reste nécessaire dans un PPSPS, il conviendra de s’attarder tout particulièrement aux modes opératoires les plus complexes.

Car les accidents surviennent souvent lors de la réalisation d’ouvrages inhabituels.

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