Faire un planning 4D


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Transcription de la vidéo

Aujourd’hui nous allons découvrir ce qu’est une planification 4D, quels en sont les avantages et comment la réaliser.

Le terme de  « Planification 4D » est assez difficile à comprendre lorsqu’on n’y est pas initié.

Pour l’expliquer en quelques mots : il s’agit de construire avant de construire.

Il s’agit là d’un des volets les plus modernes de la préparation de chantier, lié à la démocratisation des pratiques liées au BIM et à l’exploitation des maquettes numériques de bâtiment. Je vous recommande donc de lire l’intégralité du livre BIM & BTP / Construire grâce à la maquette numérique afin de bien saisir les notions abordées dans cette vidéo.

Voici ce qu’est une planification 4D :

Une planification 4D est une séquence d’images pouvant prendre la forme soit d’une vidéo soit de plusieurs extraits à des dates clés du chantier. Chaque visuel représente une projection tridimensionnelle du chantier à la date concernée. Il s’agit donc en quelque sorte d’un phasage en 3 dimensions. La notion de « 4D » prend alors tout son sens : sur la base d’un modèle 3D, on ajoute une dimension supplémentaire : le temps. Cette logique d’appellation est d’ailleurs peut d’ailleurs être poussée plus loin : en ajoutant une notion de coût, on obtient une séquence 5D qui permettra non seulement d’avoir un visuel anticipé du chantier à une date clé, mais également de connaitre le montant total des travaux exécutés à cette date par exemple. A l’image du BIM, la planification 4D ouvre considérablement le champ du possible au point que le frein principal devienne finalement notre capacité à imaginer des pratiques nouvelles ! Pour vous y aider, voyons maintenant la procédure étape par étape :

1/ La maquette numérique BIM

Vous devez vous procurer la maquette numérique BIM du projet auprès de l’architecte. C’est un préalable indispensable à défaut de quoi il ne sera pas possible de continuer. Et je parle bien de maquette « BIM », pas juste d’une volumétrie. Les objets doivent être modélisés en 3D mais ils doivent également être caractérisés par une base de données sémantique regroupant leurs paramètres (étage, bâtiment, type d’ouvrage…).

2/ Filtrer les objets

Si vous répondez au lot gros-œuvre, votre planification se limitera en toute logique aux prestations associées. Il faut donc masquer tous les objets de la maquette n’ayant pas de lien avec votre lot (charpente, isolation, menuiseries…). Vous devez obtenir une maquette représentant l’intégralité des ouvrages dont vous avez la charge, et exclusivement ceux-ci.

3/ Modifier les objets

La maquette a été modélisée par l’architecte. Par définition, il n’est pas constructeur et vous allez vite le ressentir ! Il sera banal de voir des voiles de façade modélisés en un seul élément partant de la fondation jusqu’à la toiture sans être découpés étage par étage, pour la simple raison que le travail de modélisation se trouvait facilité en procédant ainsi. L’architecte n’a pas forcément notion que vous avez besoin de décomposer vos ouvrages pour établir votre planification, et même s’il en est conscient, ce n’est pas son travail d’intégrer cela à la maquette. A vous donc de posséder les outils et la compétence nécessaire pour procéder à des modifications ponctuelles de la maquette pour que cette dernière soit bâtie dans le respect de la logique constructive envisagée.

4/ Dressez votre planning traditionnel

La planification traditionnelle reste un préalable. Lisser les cadences et organiser les ressources sont des volets essentiels du travail d’optimisation de chantier. Ne vous avisez pas de sauter cette étape : la rentabilité de votre chanter s’en trouverait grandement réduite.

5/ Compilez le planning et la maquette

Cette étape nécessite l’emploi d’un logiciel dédié à la planification 4D. Ce type de programme est capable d’une part d’importer une maquette numérique BIM  et d’autre part d’importer votre planning.

6/ Liez les ouvrages aux tâches

Il s’agit de la dernière phase de la planification 4D. Vous allez sélectionner certains ouvrages et les lier à une tâche de votre planning. En procédant ainsi, vous ajouter la dimension temporelle à la maquette. Une fois que tous les ouvrages sont liés à une tâche du planning, le logiciel est capable de lancer la séquence de construction. Le bâtiment se construit sous vos yeux.

Avantages de la planification 4D

Au-delà de l’intérêt commercial et ludique de ce type de document, la planification 4D permet de détecter de manière beaucoup plus évidente les risques inhérents à la construction tels que les superpositions de tâches (deux équipes intervenant dans une zone proche avec risque de chute d’objets d’une équipe vers l’autre). La planification 5D et plus offre les avantages liés aux dimensions ajoutées : le coût des ouvrages pour définir un échéancier, l’impact écologique pour définir une empreinte environnementale globale… Je le répète, la seule limite est votre imagination !

Quels logiciels utiliser ?

Soyons clairs : je ne mise pas en bourse et n’ai donc aucune action chez un éditeur en particulier, ni aucune autre forme de retour. Ma position de formateur me force à me positionner comme prescripteur mais sachez que ce n’est clairement pas la position la plus confortable ! Je vous fais donc par de mes conclusions, mais je vous invite à faire le tour des éditeurs pour arriver vous-même à vos conclusions.

La mienne est la suivante : Autodesk offre une gamme complète permettant de planifier en 4D, et il s’agit de la solution la plus convaincante à mes yeux.

Autodesk Revit est un logiciel de modélisation de maquette numérique BIM utilisé par de plus en plus d’architectes. Le posséder vous permettra de procéder aux modifications nécessaires de la maquette. Autodesk Navisworks est un logiciel de planification de projet en 4D directement compatible avec Autodesk Revit. Il vous permettra à la fois de procéder au filtrage des lots ne vous concernant pas, mais également d’incorporer un planning (au format Microsoft Projet ou Primavera par exemple) et de lier les ouvrage aux taches.

Ceci vaut pour le cas idéal où l’architecte modélise sur le même logiciel de BIM que vous. En revanche, si tel n’est pas le cas, vous devrez alors vous tourner vers l’interopérabilité dont le format IFC est le garant en ce qui concerne le BIM. Ce format tampon est géré par la quasi-totalité des logiciels de maquette numérique, mais il demeure mal interprété par certaine solutions, pouvant conduire parfois à le rendre inutilisable. Ce sujet complexe fait l’objet d’un développement complet sur le site bimbtp.com.

Conclusion

Planifier en 4D offre des perspectives commerciales, techniques et sécuritaires infinies ! Il est grand temps d’adopter cette méthode de travail dans vos pratiques courantes !

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